L’application
Une page qu’on ouvre chaque jour. Six qu’on ouvre quelques fois par an.
La plupart des pages de fonctionnalités sont un inventaire. Celle-ci est un emploi du temps : ce qu’on fait dans Simple Goals, et à quelle fréquence — parce que la fréquence est ce qui décide si un outil est encore ouvert en février.
Il y a sept écrans. Un seul est le Mois, et c’est celui où l’on vit. Les six autres — le cap, l’année, le trimestre, l’historique, les heures, le compte — on les ouvre rarement, et c’est voulu. Un outil qu’il faut entretenir tous les jours est un deuxième travail.
Tout ce qui suit est ce que l’application fait aujourd’hui, dans un navigateur. Ce qu’elle ne fait pas est en bas de cette page, avec le même niveau de détail.
Le premier soir
Trois ou quatre domaines, et où va chacun.
Un compte neuf arrive avec trois catégories de départ — Travail, Personnel, Projets — et rien d’autre. L’installation est courte à dessein : moins d’une heure, une fois, et ensuite on n’y revient presque plus.
- Les catégories
- Une catégorie est un domaine de ta vie que tu veux faire bouger, pas une étiquette. Le travail, la santé, les gens autour de toi — trois ou quatre suffisent. Elles se modifient en bas de l’écran du compte, qui affiche aussi combien d’objectifs chacune porte : c’est là que devient visible le moment où l’une a discrètement mangé les autres. Tu choisis une couleur parmi huit, tu renommes, tu réordonnes, tu archives. Archivées, pas supprimées : une période que tu as quittée reste propriétaire des objectifs qu’elle a produits.
- Le long terme
- Deux ou trois grands objectifs, chacun avec une catégorie, une description, et un horizon facultatif que tu écris avec tes mots — « dans trois ans », « avant que les enfants partent ». Il n’y a pas de sélecteur de date ici, parce qu’à cette altitude la réponse honnête à quand est rarement une date. Chaque carte agrège les objectifs annuels qui lui sont rattachés, avec leur avancement et leurs heures : un grand objectif que rien n’alimente a exactement l’air aussi vide qu’il l’est. Tu peux le marquer atteint, l’abandonner, le réactiver, ou le faire remonter dans la liste.
- L’année
- Pour chaque grand objectif, ce qui devra être vrai dans douze mois. Un objectif annuel a un titre, une catégorie, une année, et le grand objectif qu’il sert. Ceux que tu écris sans rien rattacher tombent dans une section « Sans grand objectif » — l’app ne les cache pas, et ne fait pas non plus semblant que tout va bien. L’année précédente et la suivante sont à un clic, et c’est toute l’archive.

Le premier lundi du trimestre
Choisir les trois choses à quoi sert le trimestre qui vient.
- La vue en cascade
- Un écran qui déroule grand objectif → objectif annuel → objectifs trimestriels, catégorie par catégorie, sur les quatre trimestres à venir — ou huit, si tu changes l’horizon. Sous chaque objectif annuel, les trimestres censés le livrer. Là où rien n’est prévu, l’app le dit en toutes lettres et propose de créer l’objectif déjà rattaché : un objectif trimestriel saisi au mauvais endroit est un objectif qui ne remontera jamais nulle part.
- Créer un objectif trimestriel
- Un titre, une catégorie, le trimestre — du précédent à deux d’avance, pour pouvoir préparer en avance et régulariser en retard — l’objectif annuel qu’il sert, une cible d’heures, une description. Six champs, dont deux obligatoires. Le champ « objectif annuel » n’apparaît que lorsque cette catégorie et cette année en ont effectivement un à désigner.
- Le trimestre lui-même
- Des cartes par catégorie. Chacune porte son pourcentage, une bande d’une case par semaine du trimestre teintée selon les heures de cette semaine, la semaine en cours cerclée, et une jauge « semaine 7 sur 13 » — 14 pour les trimestres qui comptent une quatorzième semaine, l’app comptant les semaines au lieu de les supposer. La bande est ce qui mérite qu’on la fixe : elle ne dit pas si tu es en avance, elle dit si tu es venu. Trimestre précédent et suivant sur la même page.
- Le panneau de détail
- Un clic sur une carte et tout s’édite sur place : titre, catégorie, objectif annuel, description, cible d’heures. Trois choses n’existent qu’ici. La première est un curseur qui force l’avancement : le calcul automatique compte les todos cochées, et certains objectifs se tiennent d’une manière qui ne produit jamais une todo. Un clic le remet en automatique, et un objectif posé à la main porte la mention manuel à côté de son pourcentage — aucun chiffre de ce produit n’est fabriqué en silence. La deuxième est le statut : atteint, abandonné, réactivé. Abandonner est une action à part entière, avec son mot, parce que lâcher un objectif en semaine 6 est une décision et doit se lire comme telle — pas comme une carte qu’on a supprimée pour faire propre. La troisième est la suppression, et c’est elle qui sait refuser.
- Car un objectif qui a déjà des todos ou des heures ne peut pas être supprimé. L’app te dit de l’abandonner plutôt, pour garder l’historique. C’est l’un des deux endroits où Simple Goals te dit non — l’autre est le bloc des rituels, plus bas — et c’est volontaire : un trimestre qu’on peut effacer est un trimestre dont on n’apprendra rien.

Chaque jour
Le Mois est la page. Le reste, ce sont des réglages.
- Ce qu’il y a dessus
- Par catégorie, les objectifs trimestriels encore en cours. Sous chaque objectif, les objectifs du mois. Sous eux, les todos, regroupées semaine par semaine — S31, S32, S33 — chaque semaine avec son propre champ d’ajout. La ligne du haut affiche 3/7 objectifs du mois · 12/29 todos · semaine courante S32. Dix secondes, et tu sais où tu en es.
- Les todos
- On l’ajoute dans la semaine où on la veut, on la coche, on la renomme d’un double-clic, on la supprime. On la déplace vers une autre semaine en la glissant, ou par le menu ⋯, qui atteint aussi la dernière semaine du mois précédent et la première du suivant — une semaine ne s’arrête pas à la frontière d’un mois, le menu non plus. Le glisser-déposer reste à l’intérieur d’un même objectif trimestriel, et le reste aussi : une todo appartient à l’objectif sous lequel elle a été écrite, et rien dans l’app ne la déplace vers un autre. Si elle sert finalement autre chose, tu la supprimes et tu la réécris au bon endroit.
- Ce que la semaine passée n’a pas fini
- Sur le mois courant, un bandeau en haut de page compte les todos restées ouvertes la semaine écoulée — 3 todos non terminées la semaine dernière — avec « Toutes les reporter » et « Les laisser ». La même chose, une todo à la fois, se trouve dans le menu ⋯ sous « Reporter à la semaine suivante ». Reporter n’est pas déplacer : la copie atterrit en semaine suivante et l’originale reste où elle était, barrée et marquée reportée, de sorte que le bilan de la semaine passée dit encore ce qui s’est réellement produit. Écarte le bandeau et il reste écarté pour cette semaine-là, pas seulement pour cette visite.
- Les objectifs du mois
- Créer, renommer, cocher, réordonner avec des flèches, supprimer. Rattacher une todo à l’un d’eux, ou l’en détacher. Tout ce qui n’est rattaché à rien se rassemble dans « Divers », en bas, toujours sous son objectif trimestriel. Divers est une fonctionnalité : un mois où Divers est plus long que tout ce qu’il y a au-dessus est un mois parti en maintenance, et tu dois pouvoir le voir sans que personne te le dise. Supprimer un objectif du mois ne supprime jamais ses todos — elles retombent dans Divers.
- Se déplacer
- ‹ et › pour le mois précédent et le suivant, un bouton « Ce mois-ci », et un badge « mois passé » pour ne jamais modifier août en croyant être en septembre. Au clavier : ← et → changent de mois, C ramène au mois courant, N pose le curseur dans le champ d’ajout de todo. Une page qu’on ouvre tous les matins ne devrait pas réclamer la souris.

Trois fois par semaine
Les choses qui ne se terminent jamais.
Sous chaque catégorie, sur la page Mois, se trouve un bloc pour ce qu’un objectif ne sait pas porter : courir trois fois par semaine, un ciné par mois, appeler sa mère le dimanche. Ça n’a pas de ligne d’arrivée, donc un pourcentage n’aurait aucun sens.
Tu donnes à un rituel un titre, un nombre et une cadence — trois par semaine, un par mois, deux par jour — et, s’il sert quelque chose, l’objectif annuel ou trimestriel auquel il appartient. Ensuite ce sont des pastilles à cocher, avec le compte du mois dans l’en-tête : 9/12 ce mois-ci. Tu le renommes, tu le mets en pause quand la saison change, tu l’archives, tu le fais revenir, tu le réordonnes, tu le supprimes.
Rien ici ne compte une série, et rien ne se casse. Un rituel compte ce que tu as fait, pas ce que tu dois. La pause existe pour qu’un mois sans soit une décision que tu enregistres plutôt qu’une série que tu brises. Si tu supprimes un rituel, l’app te dit d’abord combien de coches partent avec lui et te propose d’archiver à la place.
Une limite, à sa place : les rituels ne sont modifiables que sur le mois courant. Ouvre août en octobre et le bloc est là, en lecture seule — tu peux relire ce que tu as fait, tu ne peux pas le rattraper. Les pastilles cochent toujours la semaine en cours, jamais une semaine que tu choisis. C’est une règle dure et c’est la bonne pour une habitude, mais si tu espérais reconstituer trois mois de rituels un dimanche tranquille, ce n’est pas cette application.

Le vendredi, quinze minutes
Fermer la semaine, et une fois par trimestre fermer le trimestre.
- Les semaines
- Une carte par semaine passée ayant porté des todos ou des heures — une semaine où rien n’a été écrit n’apparaît pas —, repliée par défaut. Dépliée, elle donne la barre prévu / fait, les heures, les todos listées sous l’objectif que chacune servait, les rituels de la semaine, et le temps parti hors de tout objectif. Cette dernière ligne est la plus utile : la semaine où rien n’a bougé n’est presque jamais la semaine où il ne s’est rien passé.
- Les trimestres
- La même chose un étage plus haut — les objectifs du trimestre avec leur pourcentage, leur statut, et leurs heures face à la cible. Un trimestre entier tient sur un écran, et c’est la seule altitude d’où l’on voit qu’un objectif était déjà perdu en semaine trois.
- Les notes de rétro
- Un champ libre sur n’importe quelle semaine et n’importe quel trimestre, enregistré quand tu en sors. Une ligne suffit — trop de réunions, la démo a mangé la semaine — et c’est elle qui rend possible le bilan trimestriel trois mois plus tard, quand tu te souviens du résultat et d’aucune des raisons.

Quand tu veux les chiffres
Les heures, et la partie qui n’est pas encore là.
L’écran Répartition du temps relit ce qui a été enregistré : des barres empilées par semaine, par catégorie ou par objectif ; un donut du trimestre ou de l’année entière ; des barres par objectif avec un repère là où se trouve la cible. Tu choisis parmi les derniers trimestres et le suivant, ou l’année en cours en entier, et tu filtres par catégorie.
Maintenant la partie honnête, et c’est le plus gros trou de l’application web : il n’existe aucun champ, dans le navigateur, pour enregistrer une heure. Tu peux poser une cible sur un objectif — ça, ça s’édite ici, dans le panneau de détail — mais les heures elles-mêmes se saisissent en dehors du navigateur. Si le navigateur est tout ce que tu utilises, cet écran reste vide, les bandes de rythme des cartes de trimestre restent blanches, et l’historique affiche zéro heure. Rien n’est cassé ; la saisie n’est simplement pas encore écrite.
Cette page en parle quand même, parce que tu l’aurais découvert dès ton premier vendredi, et que l’apprendre ici coûte moins cher.

Quand tu veux partir
Ton compte, et la porte.
- L’identité
- Ton identifiant ne change jamais — c’est qui tu es dans l’app. Ton adresse email, elle, change, et réclame ton mot de passe pour le faire : c’est par une adresse qu’un compte se fait prendre. Le choix de la langue est ici aussi, français ou anglais, et il déplace toute l’application, messages d’erreur du serveur compris.
- Mot de passe et sessions
- Changer ton mot de passe ferme toutes les sessions, celle-ci et celle de ton téléphone ; tu te reconnectes. En dessous, les sessions elles-mêmes : quand chacune s’est ouverte, quand elle a servi pour la dernière fois, et laquelle c’est toi en ce moment. Tu en révoques une, ou tu déconnectes tout d’un seul clic. Seules les sessions qui peuvent écrire figurent ici ; les jetons Claude en lecture seule ont leur propre bloc, juste en dessous.
- L’accès Claude
- Tu peux générer un jeton qui laisse Claude lire tes objectifs ; l’URL de connexion vient avec, et le jeton ne s’affiche qu’une fois. La portée est en lecture seule, et ce n’est pas une préférence que tu pourrais inverser — le serveur refuse toute écriture faite avec ces jetons. Claude peut te dire que tu n’as pas touché à un objectif depuis juin. Il ne peut rien cocher, rien créer, rien supprimer.
- L’export
- Un bouton, un fichier JSON, tout dedans : catégories, grands objectifs, objectifs annuels, objectifs trimestriels, objectifs du mois, todos, heures, rituels, coches, notes de rétro. Aucun formulaire, personne à qui écrire, aucune attente. Il contient même des lignes pour deux ou trois choses auxquelles le navigateur n’a pas encore d’écran — ce n’est pas une erreur, c’est la même base de données, et tu la reçois en entier.
- La suppression
- Tu retapes ton identifiant et tout part, en une seule transaction, sans délai de grâce et sans corbeille de trente jours. Il faut que ce soit aussi net, sinon le bouton d’export posé juste à côté est une politesse et non un droit.

Pour être clair
Ce qu’elle ne fait pas.
Rien de ce qui suit n’est une feuille de route. C’est l’état de l’application le jour où cette page a été écrite.
- Pas d’agenda, pas de timeboxing, pas de synchronisation
- Simple Goals ne lit aucun agenda et n’en écrit aucun, et ne va rien chercher dans Jira, Notion, Slack ou ta boîte mail. Rien n’atterrit dans ta semaine que tu n’y aies mis. C’est l’échange : la semaine reste calme, et la remplir ne tient qu’à toi.
- Pas d’heures depuis le navigateur
- L’écran qui les affiche existe ; le champ qui les enregistre, non. Répété ici pour qu’il soit impossible de le manquer.
- Pas d’écran hebdomadaire
- La semaine est un regroupement à l’intérieur de la page Mois — des en-têtes, des champs d’ajout, un bandeau de report — pas une page à elle. Les anciens liens /week ouvrent le mois correspondant.
- Pas de déplacement d’une todo vers un autre objectif
- Elle reste sous l’objectif où elle a été écrite. Tu peux changer sa semaine ; tu ne peux pas changer son parent.
- Pas de notifications, pas d’emails de rappel, pas de séries, pas de badges
- Les seuls emails qu’elle envoie sont ceux que tu as demandés : ton invitation, un message de bienvenue à la création du compte, une réinitialisation de mot de passe. Elle ne t’écrira jamais pour te dire que tes objectifs s’ennuient. C’est un carnet : il attend.
- Pas une page de téléphone
- L’application suppose une fenêtre large — une barre latérale fixe de 220 pixels, pas de menu hamburger, aucune mise en page mobile. C’est confortable sur un ordinateur portable et à l’étroit sur un téléphone, et la dire responsive serait un mensonge que tu attraperais en moins d’une minute.
- Pas d’import
- L’export va dans un seul sens. Rien n’aspirera une base Notion ou une liste Todoist. Tu retapes ce qui compte, ce qui pour deux ou trois objectifs par catégorie représente vingt minutes et un filtre utile.
- Sur invitation
- Il n’y a pas de bouton d’inscription ouverte. Tu demandes une invitation, quelqu’un la lit, et un code revient quand une place se libère. Plus lent qu’un formulaire, et volontaire.
- Deux langues
- Le français et l’anglais, choisis sur le compte. Rien d’autre.
La méthode sur laquelle tout cela tourne est écrite en entier, gratuitement, sur la page méthode — lis-la d’abord si tu veux savoir à quoi tu t’engagerais. La beta est gratuite et s’ouvre progressivement.